samedi 5 novembre 2016

Maurice Vaisière, musicologue...




Quand j’ai rencontré Maurice Vaisière en 1984-85, il était sous le choc de la mort récente de son frère avec qui il vivait. Et, pour se distraire il écrivait  des paroles de chansons françaises et wallonnes. Il en profita pour me signaler la difficulté des auteurs patoisants à trouver un(e) interprète vedette pour lancer leurs chansons, un remplaçant de Bob Dechamps en quelque sorte. Il me confia encore qu'il n'appréciait pas la chanson française moderne. Sauf, la chanteuse Claude Maurane pour laquelle il était en train d'écrire une chanson pour s'amuser.


Mais, entrons maintenant dans le vif du sujet :
Maurice Vaisière est né à Trazegnies le 14 décembre 1918 et est décédé dans l'Entité de Mettet en 1990.


Son père était clerc organiste et faisait commerce de disques et de pianos à Gilly. Sa maman était institutrice, profession qu'elle exercera uniquement avant son mariage. Un frère expert-comptable aux contributions et une sœur musicienne.


Maurice avait 4 ans quand sa famille alla s’installer à Gilly où il fit ses études primaires. Mais, c’est au Collège de Bonne-Espérance qu’il fera ses humanités. 


Issu d'une famille de musiciens, il s’adonne très tôt de la musique comme hobby  mais avec passion. Plus tard, il fera des études complètes d'harmonie et de contrepoint.



Après une candidature en philologie classique aux Facultés Notre-Dame de la Paix à Namur, Maurice réussit sa licence en 1940 à l'Université de Louvain. Sans emploi, il poursuivra l'année suivante un doctorat. Il est le premier docteur dans sa branche selon le nouveau système instauré à l'époque.



Maurice entre dans la vie active en 1942. Il travaillera successivement comme enseignant ou surveillant à l'A.R. de Charleroi (pendant 3 ans), à Mouscron (pendant 3 ans), aux Athénées de Namur, Wavre, Mons et Beaumont (pendant 6 ans) pour finalement enseigner à l'A.R. de Gilly de 1952 à 1971.



Membre de l'Association littéraire wallonne de Charleroi à partir de 1942, il en deviendra vice-président (1948-1949). Envoyé à Mouscron, il perdra momentanément le contact avec les auteurs wallons et commencera à écrire en français.



Maurice Vaisière participa aux activités de l’ « Aspoye », mouvement fondé pendant la guerre par le futur sénateur Maurice Bologne et qui rassemblait des artistes, des écrivains...



Dès 1942, Roger Pinon, licencié en philologie germanique, non musicien passionné de folklore, demande son aide pour la transcription de chansons. Ils enquêteront sur le tirage au sort, les chansons de garde civique. Ils recueilleront plus de 450 chansons de Mouscron et de Flandre wallonne en patois et en français, qui seront publiées quelque 20 ans plus tard par la Commission de folklore. Cette collecte s'effectuera également notamment dans le Pays de Charleroi et à Noirville, où Vaisière possèdait une maison de campagne et totalisera quelques 25.000 chansons, dont la publication se fit selon le budget de la Commission de Folklore. Pour les chansons-danses, Vaisière s'efforça de retrouver, en plus des paroles et de la musique, la chorégraphie.






Dans sa préface de la publication « Chansons populaires de la Flandre wallonne », Roger Pinon écrira au sujet de Maurice Vaisière :

« En 1925, M. G. Fraichefond, de Pecq, en Hainaut, communiquait deux chansons des allumoires au Musée de la Vie Wallonne. Mais c'est M. Léon Maes, qui enquêtait depuis longtemps sur le folklore de Mouscron, quand son attention fut plus spécialement attirée par la chanson, de jeu notamment, sous l'impulsion d'un jeune chercheur carolorégien, M. Maurice Vaisière, qui fut le premier véritable découvreur du folklore musical de Mouscron. Quant à Maurice Vaisière, professeur intérimaire à l'athénée royal de Mouscron, il utilisa ses loisirs et son savoir-faire à noter, ainsi que je le lui avais demandé, les chansons d'enfants et de jeux qu'il avait l'occasion d'entendre. Sa collection, commencée en avril 1943, ne se termina qu'avec son départ à la fin de 1944. Jamais loisirs forcés, loin du foyer et du Pays Noir qu'il célébrait en français et en dialecte, ne furent mieux mis à profit pour la musique et le folklore de la Wallonnie…"

La collection que j'ai le plaisir de publier est importante à la fois par le nombre de documents qu'elle apporte, par la valeur des notations et par l'intérêt de très nombreuses pièces.

Quantitativement, les tables l'attestent, c'est une collection de 420 chansons, cris et formulettes qui vient s'ajouter au patrimoine déjà publié. Ce répertoire, avec ses variantes, s'élève à 705 documents et 448 notations musicales, et si l'on ajoute 14 types de formulettes ou chansons qui se sont amalgamés à d'autres, c'est 434 types qui sont représentés ici.


Qualitativement, on voudra bien remarquer que le notateur principal, M. Vaisière, a eu soin de noter, chaque fois qu'il l'a pu, les trois aspects essentiels d'une chanson ou d'une formulette : la mélodie, les paroles et la « fonction ». Il est rare qu'un travail aussi consciencieux soit mené par un seul chercheur. La méthode d'enquête fut des plus louables.



En général, l'enquêteur demandait aux enfants, avec l'aide d'un questionnaire dans la seconde phase de son travail, de bien vouloir noter sur fiche les chansons qu'ils connaissaient. Il s'informait ensuite de la fonction, puis, sur des feuilles de cahier lignées en rouge, il notait la mélodie qu'il entendait au fil des loisirs communs de lui-même et de ses élèves, filles et garçons, pendant les récréations et les études du temps de midi. Soigneusement il inscrivait la date de l'enquête, le nom du témoin, la fonction du chant.


Son enthousiasme débordant se communiqua aux parents de certains élèves, à des collègues et à diverses personnes qu'intéressait ce retour aux vieilles traditions. Et un jour, ce fut la rencontre avec Léon Maes. Rencontre qui ne pouvait qu'être bénéfique. Dès janvier 1944, Maurice Vaisière notait les chansons que Léon Maes avait apprises et retenues au cours de ses enquêtes.



Et à la Libération, ce fut la belle aventure de la « Petite Académie Wallonne » dans le journal "La Frontière", ce fut la composition d'une revue anti-allemande et anti-flamingante, ce fut... le rappel au foyer par la fin d'un intérim qui nous vaut une contribution nouvelle et de premier ordre au folklore de chez nous. »


Maurice Vaisière a collaboré à diverses revues dont le « Bourdon d'Châlèrwè », la « Revue wallonne », « Pro Wallonia » dans lesquelles il a fait le point sur ses travaux.



Il a également écrit des articles plus journalistiques dans d'autres revues et dans des journaux locaux, dans le but de promouvoir ses travaux personnels ainsi que ceux de l'A.L.W.C.



Lors de sa vice-présidence de l’Association, il était chargé de recueillir et de présenter les textes tant littéraires que scientifiques paraissant dans Pro Wallonia.



A Mouscron, il écrivait chaque semaine dans la revue «La Frontière", dirigée littérairement par l'écrivain Léon Maës, un article traitant du folklore musical ou, moins souvent, de la question wallonne. Avec d’autres personnalités, il demanda et obtint d'ailleurs le rattachement de la localité au Hainaut.



Il a publié, sous forme de cartes postales, des chansons de Jacques Bertrand, à l'occasion du centenaire de ce dernier. Chaque carte comporte 2 chansons dont une avec harmonisation personnelle. Les chansons en patois sont présentées avec leur traduction française, les chansons-danses avec leur chorégraphie (cela dans l'espoir qu'un groupe folklorique les crée, ce qui arrive d'ailleurs rarement, les chorégraphes n'ayant pas, selon Vaisière, les notions musicales indispensables pour créer).



Ecrivains qui l'ont influencé :



Georges Fay : écrivain gillicien qui lui conseilla d'adhérer à l'A.L.W.C. et qui devient plus tard pour lui un ami.



Jules Vandereuse, ancien président de l'A.L.W.C., comme lui amateur de folklore.

Max-André Frère auteur littéraire qui souhaitait un wallon commun (bien que Vaisière

soit opposé à cette idée).

Edouard Lambinasse : auteur de textes, de chansons.



Arthur Balle : auteur d'un lexique de Cerfontaine.et surtout : Willy Bal : professeur à l'Université de Louvain., auteur d'articles sur la philologie wallonne.

Arille Carlier, ami qu'il aida dans l'élaboration de son dictionnaire. Est d'ailleurs en possession de la documentation de Carlier sur le folklore musical.



Personnalités rencontrées qui l'ont marqué :



Le lieutenant-général Vermaelen, écrivain en patois du Centre, l'illustrateur Roland Delattre de Marchienne, René Godeau et Joël Bachy, animateurs de cabarets pendant la guerre, l'écrivain et cabaretier Raymond Bertrand de Châtelet, l'auteur gillicien Louis Lecomte et l'écrivain Jules Sottiaux, professeur aux Jésuites de Charleroi.



Enseignant à l'A.R. de Gilly et dans le cadre de l’école, Maurice Vaisière a  co-écrit des scénarios de téléfilms pour la R.T.B.F. Ils traitaient du tirage au sort, de la garde-civique, des chansons de 1940 et des grèves de 1886. Une copie de ce dernier titre a été montrée lors de l’exposition « Les grèves de 1886, prélude à cent ans de Progrès social » réalisée à la bibliothèque Langlois de Charleroi en 1986 par l'Institut européen interuniversitaire de l’Action sociale.

Ses passions étaient la littérature et la musique, sa grande maison de campagne et la peinture. D'autre part, il appréciait les musées, les émissions télévisées scientifiques de qualité, le jardinage et le sport. Principalement le football sans toutefois le pratiquer.

Maurice Vaisière a écrit trois romans : 

"Ces hommes aux chapeaux verts" aux Editions Famille et Jeunesse et "Célestin Député" chez "Maison d'édition" à Couillet. Ces deux publications ont été illustrées par l'artiste Jean Braun.  Ces deux ouvrages sont écrits dans la veine des livres d'Arthur Masson.






   
















 
























Quant au troisième roman "Journal de Classe", il a été édité chez "La nef de Paris éditions en 1958.





A l'époque de la parution de "Journal de classe", Maurice Vaisière met en musique des poésies d'auteurs français en collaboration avec Georges Legrand pour l'harmonisation. Une plaquette intitulée "Mes favoris"  est publiée pour l'occasion.








En 1965, il commet une comédie en 4 actes intitulée "Les hommes d'avenir"





 

Vers la fin de sa vie, il se retira à Mettet où, il possédait une maison de campagne.




 

Sources bio-bibliographiques



Entretiens avec Maurice Vaisière 1984-1985



Barry, Félicien



270... op. cit., p. 86.



Coppe, Paul et Pirsoul, Léon



Dictionnaire-op. cit., p. 384.



Lempereur, Emile



Calendrier... op. cit. , 3 , p. 24.



Littérature...



La littérature en Hainaut... op. cit-, p.31.



Maurice...



Maurice Vaisière n’est plus,

« El Bourdon »,

n° 423, 02/1990, p. 30



Wangermée, Robert



Dictionnaire de la chanson en Wallonie et à Bruxelles

. – Liège : Pierre Mardaga, 1995




Bibliographie

Monographies :

AI censé : skètch wallon

.-Gilly : [s.n.], 1944

.-[5] feuillets ; 27 cm

. - Copie dactylographiée



Célestin député / Maurice Vaisière couverture de Jean Brauns

. - Couillet : Maison d'édition, [195-?]

.- 198 p. : ill.



Ces boums aux chapeaux verts / Maurice Vaisière ; illustrations de
Jean Brauns

. - Bruxelles : Famille et jeune, [195-?]

. - 179 p. : ill. ; 21 cm



Chansons populaires de la Flandre wallonne/ recueillies en majorité par

Léon Maës et Maurice Vasière ; publiées et commentées par Roger Pinon

. - Bruxelles : Ministère de l'Education nationale et de la Culture :

    Commission royale de Folklore, 1965

. - 2 fascicules (344 p.) ; 24 cm



DélIvrance : sketch radiophonique

. - Gilly : Maurice Vaisière, 1944

. - 42 feuillets ; 27 cm

. - Copie dactylographiée­



Les hommes d'avenir : comédie en 4 actes

. - Gilly Club-édition Maurice Vaisière, 1965

. - 24 p. ; 28 cm



Journal de classe : roman

. - Paris La nef de Paris éditions

. - 237 p. 18 cm




Ecrits périodiques





El Bourdon...



Quand l'amour ès'prèsse : [poésie],

30e année, n° 309, Novembre 1978, p. 15.



Leune à mièl : [poésie],

31e année, n° 314, Mars 1979, p. 16.





Au mèsse-bourdon qui m'imprime dispûs l'an quarante... : 
air "C’est magnifique",

31e année, n° 320, Novembre 1979, p. 7,



In wallon come in'd-a poupont : [poésie],

32e année, n° 326, Mai 1980, p. 9-10.



Salade à kierton : [poésie],

32e année, n° 330, Novembre 1980, p. 8.



Au planton du capistan,

33e année, n° 334, Mars 1981, p. 7.



La petite industrie performante de notre folklore musical,

33e année, n° 336, Mai 1981, p. 22-23.



El Varsavia, varsavienne / paroles de Jacques Bertrand ; 
paroles françaises et arrangement de Maurice Vaisière,
37e année, n° 378, Juin 1985, p. 25-27.



La bière de saison / paroles de Jacques Bertrand ; 
musique de Maurice Vaisière,

37e année, n° 380, Septembre 1985, p. 25-27.

Luc Heuchon et Alain Richir



lundi 24 octobre 2016

Jacky Musialik



Jacky Musialik est né dans une famille polonaise au pied du terril n° 5 de Trazegnies. C'était le 12 novembre 1947. Son papa était  gueule noire. 



Époque "Barnum" (Archives J. Musialik)

Dès l'âge de 6 ans et demi, Jacky apprend à jouer d’un instrument très en vogue à l’époque, l’accordéon. Il suit les cours de solfège de l'Académie de Trazegnies et pour l'instrument, il se rend en tram à Chapelle-lez-Herlaimont. Son prof d'instrument Arthur Devillé devenant trop âgé, il change de professeur et  ses cours d'instrument lui sont prodigués par Raymond Hartéon (de Souvret) et se donnent à son domicile. Jacky fait également partie du Club d’Accordéonistes Fontainois.

De 7 à 12 ans, il se produit sur différentes scènes de la région en jouant de l'accordéon accompagné d'un batteur plus âgé. 



Jacky 12-13 ans sur scène (Archives J. Musialik)
Il se souvient encore d'une petite ducasse qui avait lieu à Courcelles-Sartis et où, il joua sur une scène dressée devant le Garage Vincent. Ce sont surtout ses mollets qui s'en souviennent car, il dut rentrer chez-lui avec son instrument à pied car vu l'heure tardive, il n'y avait plus de tram et cerise sur le gâteau l'âme charitable qui devait le ramener à son domicile lui fit faux bond.

Mais, la musique est en mutation. Le rock 'n' roll venu des States est la musique en vogue chez les  jeunes.

C'est pourquoi à l'âge de 15 ans, Jacky fit partie d'un ensemble orchestral "The Spitfires" uniquement composé d’accordéonistes du Club d’Accordéonistes Fontainois sous l’égide de Raymond Hartéon. 


Une partie du groupe d’accordéonistes se transforme en groupe de rock et de bals. Jacky devient batteur-chanteur. Trois autres accordéonistes deviennent guitaristes, le professeur d'accordéon devient bassiste,... à la contrebasse. Jules Dominianczyks de Souvret joue de la guitare solo.

In fine, le groupe est composé de quatre guitaristes et d'un batteur-chanteur : Jacky. C'est le professeur de musique Raymond Hartéon qui s'occupe des arrangements musicaux. 


Les "Spitfires" : à l'avant-plan Raymond Hartéon  (Archives J. Musialik)

L’orchestre joue souvent au Château de Trazegnies. C'est d'ailleurs-là que le groupe répète gratuitement grâce à la bienveillance de Lucien Toffi et de son  épouse Liliane, tenanciers du café du Château. Jacky se souvient qu'à l'époque, Lucien donnait à chaque musicien 400 francs pour leurs prestations. Pour eux, un vrai pactole... 

Bien vite, le besoin se fait sentir que le chanteur doit être à l’avant de la scène. C’est Jacky qui occupe la place et est, dans un premier temps, remplacé à la batterie par un des guitaristes du groupe. Par la suite, le groupe fera appel à un batteur nommé Isidore (dit Vincent) venu de Chapelle-lez-Herlaimont. 
Mais, le groupe ne fait pas long feu.


Et, Jacky intègre un autre groupe,  les "Blackson's" (1965-67). Le groupe est composé de : Isidore (dit Vincent)  de Chapelle à la batterie ; Michel Zanca de Chapelle à la basse ; Jacky himself, chanteur ; Jules Dominianczyk  à la guitare solo et fait office de chef d’orchestre ; Pierrot Dequesnes de Goutroux à la guitare  rythmique et au sax. Quant au gars au synthé, Jacky ne souvient plus. Eh Man, si tu te reconnais, fais le nous savoir...



Les "Blackson's" à leurs débuts (Archives J. Musialik)



(Archives J. Musialik)


Les Blackson's à Mariemont (Archives J. Musialik)


Les Blackson's sur scène (Archives J. Musialik)

En 1967, Jacky participe pendant quatre semaines au "Jeu de la Chance" organisé par l'O.R.T.F.à Paris. C'est cette émission qui fera connaître Thierry Le Luron et Mireille Matthieu. C'est avec la chanson "Lady Mary" qu'il se qualifiera pour le premier tour. Une grève de l'O.R.T.F. mettra fin à l'aventure. 


(Archives J. Musialik)



Jacki à Paris (Archives J. Musialik)

Les  Blackson’s viennent de se séparer et les "Jewels" cherche un chanteur. A l'origine, le groupe est composé de l’organiste Jean-Pol Rassart, ancien musicien d’André Brasseur ; le trompettiste  Michel Debaise ; le saxophoniste  André Gabreau ; le guitariste Marc Hendrix ; le batteur Jean-Pierre Onraedt et un certain Jean-Jacques Blairon plus connu sous le pseudonyme de "J.J. Lionel". Les batteur et bassiste des "Jewels" deviendront plus tard musiciens du Wallace Collection.


(Archives J. Musialik)


C'est alors que  JJ Lionel vient chercher Jacky pour passer un casting afin intégrer les "Jewels », orchestre qui répète à Binche. Il interprète une ou deux chansons pour faire montre de son talent et est engagé de suite. 

En effet, les "Jewels" devant se produire aux Pays-Bas dans le mois qui suit, les choses doivent aller vite. Le temps de monter un répertoire et le groupe est prêt pour se produire au "Moulin rouge", un cabaret très sélect d'Amsterdam. Le groupe joue en intermède entre les numéros de streap-tease et les diverses attractions. 


L'avant-dernière soirée de leur contrat, le patron de la boîte avoue à Jacky que jamais, il n'avait connu une telle ambiance que lors des prestations des Jewels. En effet, chaque soir, les spectateurs présents montaient sur les tables quand le groupe commençait à jouer quelques airs de gilles pour mettre un peu plus d'ambiance.
 

Après la dissolution des "Jewels", Jacky continue à chanter avec une nouvelle formation : "Barnum". Jacky se souvient que le groupe était composé de trois cuivres, trois guitares, d'une batterie , d'un synthétiseur et  évidemment, d'un chanteur...



Barnum (Archives J. Musialik)


A l’origine, font partie du groupe : les organiste, trompettiste, saxophoniste, batteur, et bassiste de Salvatore Adamo. Entres autres : au trombone Robert Deltenre qui lui continua avec les New Ramblers et Oberbayern et à la guitare solo un dénommé Genesse. Barnum fait régulièrement la première partie du tour de chant de  Claude  Barzotti,  des Nanas, … .



Barnum sur la scène de l'Hôtel de Ville de Trazegnies (Archives J. Musialik)


 Le groupe "Barnum" fut un groupe à géométrie variable composé de musiciens amateurs éclairés, de musiciens semi-professionnels et ou professionnels. A part quelques musiciens "attitrés", il eut aussi de nombreux musiciens de passage : musiciens d'Adamo, de Wallace Collection, de Claude Barzotti. 


Barnum sur la scène de l'Hôtel de Ville de Trazegnies (Archives J. Musialik)


Le groupe verra passer : Robert Deltenre, trombone ; Alain Cancier, batterie ; Jean-Francis dit "Minus", batteur (entre autres d'Adamo) ; Franck Fievet, piano ; Alain Locoge, guitare basse ; ... Et, tenez-vous bien : 2 cuivres de la célèbre Musique des Guides qui, ces années-là, était dirigée par un enfant de Courcelles : le futur major Yvon Ducène. Ces deux cuivres faisaient déjà partie des Blackson’s. Il s'agit de Gérard Sabbe, trompettiste et Bernard Jankowiak, saxophoniste.



Barnum (Archives J. Musialik)


Jacky et son groupe se produisent 2 à 3 fois par semaine au S.H.A.P.E. à Mons. Et, il n'est pas question que Jacky chante en "anglais yaourt". Cela n'aurait pu passer vu le public majoritairement d'origine anglo-saxonne. Le répertoire du groupe est essentiellement composé de titres de crooners anglo-saxons bien connus Tom Jones, Engelbert Humperdink, Franck Sinatra, Nat King Cole et bien d’autres…



Le crooner en action  Archives J. Musialik)


En 1975, Jacky est sélectionné par un jury de la RTB pour l'émission TV "Si l'on chantait". Jean-Loup Viseur le convoque à Bruxelles le lundi 10 février et le mardi 11 février. In fine, Jacky a le privilège de chanter à la télévision avec le chanteur français Mouloudji.


En 1976, il enregistre un 45 tours comportant deux titres signés Jean-Pierre Onraedt et 

Guy Maroille (2). Le disque est chanté en anglais par Jacki qui a, pour l'occasion, pris le pseudonyme de Lee Norman. Il est accompagné par l'orchestre "Sharck".



(Archives J. Musialik)



C'est également en 1976 qu'il enregistre le disque "La Lettre" écrite en collaboration avec Claude Barzotti. Jacques Mercier écrira un article assez élogieux à ce sujat dans la revue "Télémoustique"


Myriam, Jacki Musialik et Claude Barzotti  (Archives J. Musialik)





Télémoustique - Article de Jacques Mercier  (Archives J. Musialik)

En 1979, Jacky épouse Myriam Deroux de Mons qui lui donne un fils en 1981. Peu après, il décide d'arrêter de chanter sur scène. Néanmoins, il enregistrera encore deux quarante-cinq tours dont un en 1982 avec en face A : "Je voudrais changer le monde". "Rentré dans le rang, il continue sa carrière professionnelle chez Fiat à Waterloo avec le grade de contremaître. 


Les "Blackson's" à Nivelles accompagné d'une danseuse (Archives Jacky Musialik)

D'après les documents que nous avons pu parcourir, il semblerait pourtant que pour son  tout dernier tour de chant, Jacky a bouclé la boucle un peu plus tard en revenant dans sa commune natale. Et, cela eut lieu sur la scène de la salle des fêtes de l'Hôtel de Ville de Trazegnies le samedi 26 novembre 1983 à 21 heures tapantes à l'occasion du "Gala du Lycée" de Trazegnies. Tenue de ville obligatoire - Parking assuré - Tenue de soirée souhaitée.


Nous avons également trouvé la trace d'un autre enregistrement "Seul", le dernier, paru en 1983 sous le label Lark Records.


Gala du Lycée de Trazegnies (Archives J. Musialik)

Cependant, le virus de la chanson n'est pas complètement éradiqué chez  Jacky. En 1996, il décide de participer à l'émission  "Pour la Gloire". Il est sélectionné et le 28 juillet 1997, il est opposé au jeune Cédric Denis âgé de 18 ans sur le plateau de la RTBF. Pour l'occasion, Jacky interprète la chanson "La Dernière séance" d'Eddy Mitchell, un de ses chanteurs favoris. Cédric Denis chante "Mexico" de Luis Mariano.


"Pour la Gloire"(Archives Jacky Musialik)n

(Archives Jacky Musialik)

Maintenant, Jacky chante encore à l'occasion de fêtes polonaises avec un ancien des Blackson’s : Jules Dominianczyk.

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Jules Dominianczyk et Jacky au Banquet annuel 2016 de SPK Mons-Borinage
(Photo Henryk Tomczak)
 

Et, la voix est toujours là !

Notes :

(1)  Le "Jeu de la chance" était  présenté par Raymond Marcillac et Roger Lanzac.

(2) Jean-Pierre Onraedt et Guy Maroille ont fait partie du groupe "Morning Dew". Guy Maroille s'est tué en voiture en revenant d'un concert.  Font également partie de la formation Dino Leonardi et Jean-Jacques Blairon. Jean-Pierre Onraedt a fait partie du groupe "Wallace Collection". Actuellement, il est toujours actif et possède un studio d'enregistrement.

Sources biographiques

 Jacki et Myriam Musialik,

 Jules Dominianczyk,

Jean-Pierre Onraedt,

Articles de presse 

"La Nouvelle Gazette",

"Télémoustique",

"Télépro"   

 

 Discographie 

(Collection Luc Heuchon)



 

(Collection Luc Heuchon)


 

(Collection Luc Heuchon)

 

Alain Richir et Luc Heuchon

(Tous droits réservés - Reproduction partielle autorisée sous la condition de citer la source.)


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